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En 1959, un rapport du Canada Inland Mission rédigé par Henry Warkentin reconnaissait la faible proportion de missionnaires évangéliques dans la province de Québec. Le rapport Warkentin arguait que la population québécoise francophone était fortement catholique et que les « vieilles » dénominations protestantes, anglophones, négligeaient habituellement l’évangélisation des Francophones. En juillet 1961, Warkentin et Ernest H. Dyck, un missionnaire rapatrié du Congo belge, alors en pleine révolution, firent un voyage exploratoire au Québec et déterminèrent que Saint-Jérôme, une rare ville où on permettait la diffusion d’émissions de radio évangéliques, serait le lieu choisi pour y amorcer une oeuvre des Frères Mennonites. Le Canada Inland Mission demanda ensuite à Ernest H. Dyck de s’y rendre en tant que missionnaire et implanteur.

Après la formation de deux groupes bibliques devenus des églises autonomes (Saint-Jérôme et Sainte-Thérèse), ce fut à Saint-Laurent qu’Ernest Dyck, avec l’aide de David Franco, implanta une troisième église des Frères Mennonites au Québec. À l’été 1967, tout en supervisant la construction de la nouvelle chapelle à Sainte-Thérèse et en participant aux efforts d’évangélisation dans le cadre de l’Exposition universelle de Montréal (Expo 67), Ernest et Lydia Dyck planifiaient leur retour au Congo. Or, alors qu’ils étaient prêts à repartir, ils apprirent que la guerre civile avait repris là-bas et, à leur grande surprise, un message leur parvint à l’effet de quoi leur mandat au Québec était prolongé. Ressentant le besoin de stabiliser leur situation familiale et convaincus que le Québec constituait un champ missionnaire crucial, les Dyck informèrent donc le Canada Inland Mission de leur désir d’y oeuvrer définitivement.

En discutant avec le CIM, Ernest Dyck cibla la ville de Saint-Laurent (sur l’Île de Montréal) ainsi que les quartiers d’Ahuntsic et de Cartierville comme lieu d’implantation. Ces trois quartiers contigus du Nord de Montréal comptaient en 1967 une population totale d’environ 180 000 habitants, dont les deux tiers étaient francophones, faisant de la localité un site favorable à une nouvelle église. L’idée était aussi d’offrir une assemblée d’accueil aux gens touchés par les efforts d’évangélisation de l’Expo 67. Dès le départ, Ernest Dyck se mit au porte-à-porte, chose qui s’avéra plus difficile à réaliser en milieu urbain qu’en banlieue. Néanmoins, la rencontre d’une femme, Raymonde Boisselle, et de ses quatre enfants leur fournit l’occasion d’amorcer un groupe biblique au domicile des Dyck. Peu après, durant quelques mois seulement, le groupe fit la location des locaux du YMCA.

En 1969, David Franco, qui venait de compléter ses études à l’Institut Biblique Béthel, s’installa à Saint-Laurent avec sa femme Liette et ils secondèrent les Dyck dans leur tâche pastorale jusqu’à ce que ces derniers retournent diriger l’Église de Sainte-Thérèse en 1971, alors que Benjamin Dyck quittait ce ministère. C’est en 1970 que le groupe de Saint-Laurent fut intégré comme église officielle et David Franco en fut le pasteur principal de 1971 jusqu’en 1973. Les Franco furent épaulés par Danny et Gladys Wolfe, un couple de missionnaires Frères Mennonites ayant auparavant oeuvré en Afrique du Nord. En 1971, l’Église de Saint-Laurent comptait 8 membres et la fréquentation dominicale avoisinait la trentaine de personnes, incluant les enfants.

À cette époque, la Révolution tranquille, période de foisonnement culturel et politique spécifique au Québec mais également inscrit dans un mouvement global de contestation à l’échelle occidentale, provoquait de grandes transformations dans la mentalité des Québécois et dans leur attitude vis-à-vis de la religion catholique. Ces changements furent marquants pour la génération émergeante du baby boom, et un certain réveil évangélique se produisit parmi ce groupe, particulièrement à Sainte-Thérèse et à Saint-Jérôme, et dans une moindre mesure à Saint-Laurent. En 1973, David Franco partit étudier la théologie en France pour une année et c’est Jean Tremblay qui, avec l’aide d’Ernest Dyck désormais à l’Église de Sainte-Thérèse, prit la relève pastorale de l’Église de Saint-Laurent. Le mandat de Jean Tremblay fut bref et, en 1974, il démissionnait.

Après un court intérim assumé par Robert Mitchel et avec le soutien de l’Église de Sainte-Thérèse, Pierre Wingender, qui revenait de ses études universitaires à Ottawa, fut embauché comme pasteur principal en 1975. La communauté se réunissait au 675, rue Filiatrault, et comptait à ce moment une quinzaine de membres. En comparaison, l’Église de Sainte-Thérèse, récoltant les effets du réveil particulièrement visible dans la région de Sainte-Thérèse, atteignait 95 membres en 1976. C’est seulement en 1979 que la jeune assemblée de Saint-Laurent, malgré le départ de Pierre Wingender pour des études à MBBS, prit son envol avec l’arrivée d’André Bourque, jeune diplômé de l’Institut Biblique Laval. Le nombre de membres passa alors à 56 en 1979, à 90 en 1983, puis à 100 en 1985. En 1984, Guy Demers et une dizaine de membres quittaient pour fonder l’Église du Plateau Mont-Royal, mais ils réintégraient l’Église de Saint-Laurent moins de deux ans plus tard.

Au départ d’André Bourque en 1986, l’Église de Saint-Laurent avait atteint les 120 membres. Dans les années suivantes, la charge pastorale fut partagée par Guy Demers et Gerald Kraemer, puis une certaine instabilité pastorale marqua les années subséquentes jusqu’à l’arrivée de Claude Queval en 1995. Or, le niveau d’adhésion demeura stable à travers ces années, se maintenant juste au-dessus de la centaine de membres. La présence de Martha Wall à Saint-Laurent depuis les années soixante-dix et durant toutes ses années, spécialement dans le domaine de l’éducation aux enfants, fut certainement un facteur de pérennité et de stabilité pour l’Église de Saint-Laurent. De multiples déménagements marquèrent aussi l’histoire de l’assemblée. Un premier bâtiment, un duplex, fut construit en 1974, puis il fut vendu en 1980, alors qu’on fit la location de locaux scolaires plus spacieux.

En 1984, un nouveau bâtiment fut inauguré, au 1775 boulevard Édouard-Laurin. Ces nouveaux locaux permirent d’accueillir l’IBL ainsi que les bureaux de l’Association des Églises des Frères Mennonites du Québec à partir de 1986. En 1992, L’Église de Saint-Laurent accueillit les quelques 26 membres de l’Église de la Persévérance, l’aidant certainement à maintenir son niveau d’adhésion. La même année, l’Église Khmère (cambodgienne), récemment jointe à l’AEFMQ, devenait locataire au 2e étage de l’Église de Saint-Laurent, allégeant ainsi le fardeau financier de l’assemblée et amorçant un partenariat durable entre les deux groupes.

L’Église de Saint-Laurent souffre des séquelles de plusieurs départs ou décès, notamment celui d’Éric Wingender en 2011. Des crises de personnalités, de théologie et d'approches en plus des déménagements ont affaibli cette assemblée urbaine et multiethnique. En 2014 compte plus ou moins 40 membres et Gérard Basque qui est de loin le pasteur qui a duré le plus longtemps dans ce milieu si différent des autres églises de banlieue dans l'Association. Avec le départ d'IBL en 2006, un espoir vient des Églises khmère et hispanique de l'AEFMQ avec trois autres églises ethniques non-affiliées et le Centre Accroche qui partagent le bâtiment tout au long de la semaine.

Voir aussi Église Chrétienne de Saint-Laurent (St. Laurent, Quebec, Canada) (EN)

[edit] Bibliographie

Album II: protestantisme française en amerique du nord. Montreal: L'Aurore, 1988.

Centre for Mennonite Brethren Studies. "Église Chrétienne de St. Laurent." Web. 19 December 2010.

http://www.mbconf.ca/home/products_and_services/resources/published_genealogies/mb_provincial_conferences_and_church_congregation_records/quebec_archives/glise_chrtienne_de_st_laurent_archives/.

Mennonite Brethren Herald (27 May 1988): 57; (17 July 1992): 22.

Mennonite Reporter (28 May 1984): 4.

[edit] Information additionnelle

Addresse : 1775, boul. Édouard-Laurin, Montreal, QC H4L 2B9

Téléphone : 514-333-8436

Siteweb http://www.ecsl.qc.ca/

Affiliations religieuses:

Association des Églises des frères mennonites du Québec (1972- à présent)

Canadian Conference of Mennonite Brethren Churches (1969- à présent)

General Conference of Mennonite Brethren Churches (1969-2002)

[edit] Pasteurs

Pasteur Années
Ernest Dyck 1968-1971
Dan Wolfe 1971-1972
David Franco 1972-1973
Pierre Wingender 1975-1979
André Bourque 1980-1986
Gérald Kraemer 1985-1988
Guy Demers 1989
Gilles Clermont 1990
Robert Godin 1991-1992
François Pinard 1993-1994
Claude Queval 1995-2000
Éric Wingender 2001-2002
Gérard Basque 2003-

[edit] Statistiques de membres

Année Membres
1985 100
1995 112
2000 112
2010 76


Author(s) Zacharie Leclair
Date Published 2 juillet, 2014


[edit] Cite This Article

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Leclair, Zacharie. "Église Chrétienne de Saint-Laurent (Saint-Laurent, Québec, Canada) (FR)." Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online. 2 juillet, 2014. Web. 18 Sep 2014. http://gameo.org/index.php?title=%C3%89glise_Chr%C3%A9tienne_de_Saint-Laurent_(Saint-Laurent,_Qu%C3%A9bec,_Canada)_(FR)&oldid=123378.

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Leclair, Zacharie. (2 juillet, 2014). Église Chrétienne de Saint-Laurent (Saint-Laurent, Québec, Canada) (FR). Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online. Retrieved 18 September 2014, from http://gameo.org/index.php?title=%C3%89glise_Chr%C3%A9tienne_de_Saint-Laurent_(Saint-Laurent,_Qu%C3%A9bec,_Canada)_(FR)&oldid=123378.




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